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NASSIMA CHABANE ENCHANTE LE PUBLIC

19/12 13h26

ALGER - La chanteuse andalouse Nassima Chabane a enchanté samedi soir le public algérois avec un florilège de pièces classiques et soufies rendues dans l’élan de spontanéité qui la caractérise et une ambiance empreinte de convivialité.

Le public relativement nombreux du Palais de la Culture Moufdi-Zakaria à Alger, a vite oublié le léger retard dans la programmation du concert, consolé par la prestation remarquable livrée par la cantatrice qui a exercé ses grandes capacités à séduire son auditoire par sa générosité et son professionnalisme habituels caractérisant "l’esprit Nassima Chabane".

Donnant d’entrée un ton solennel à son spectacle, l’artiste a dédié son concert à la mémoire de son maître spirituel Cheikh Sadek El Bejaoui (1907-1995) et à celles du grand maître du chaâbi Amar Ezzahi et la légende du malouf Mohamed Tahar Fergani, récemment disparus, rappelant également que sa prestation célébrait, par le M’dih, "le septième jour du Mawlid Ennabaoui".

Soutenue durant deux heures de temps par huit instrumentistes virtuoses, la chanteuse au timbre étiré rappelant les anciennes cantatrices des orchestres féminins, a étalé plusieurs pièces du patrimoine classique et soufi, présentées dans de nouveaux arrangements de sa création.

Parmi les pièces brillamment exécutées par Nassima Chabane et son orchestre dans des variations modales au ton relevé, "Touchiya Zidène", "Touiyari Mesrar", "Lik Nechki Kesset Halti", ainsi que les M’dihs rendus dans des rythmes lents à l’ascendant de fascination, "Salli Ya Salam Salat Djamila" du grand poète Mohamed El Alaoui et "Ya Sayyidi Ya Rassoul Allah" de l’Emir Abdelkader, entonné en mode Hidjaz.

Passionnée par son art et aimant son public, la cantatrice se livrait entre chacune des chansons interprétées, à des commentaires anecdotiques qu’elle ponctuait par des échanges agréables avec les spectateurs dans des atmosphères conviviales.

Cet élan naturel de spontanéité a caractérisé la deuxième partie du spectacle, conduisant l’artiste à répondre à des demandes du public qui a eu droit à apprécier des pièces non inscrites au programme, à l’instar de "Rah El Ghali Rah", du regretté Cheikh Boudjemaâ El Ankis (1927-2015), écrite et mise en musique par l’innovateur dans le domaine du Chaâbi, Mahboub Bati (1919-2000) ou encore "Ya Noudjoum Ellil" de Cheikh El Hasnaoui (1910-2002).

Expliquant le sentiment de nostalgie de l’artiste exilé et son attachement atavique à son pays, Nassima Chabane a entonné "Twahhacht Bladi", une chanson qu’elle a écrite et composée dans le mode Hidjaz, avant de conclure avec d’autres pièces dans le genre M’dih, "Bism El Ilah El Aâdam", "Ya Sahib El Ghamama" et "El Horm ya R’Soul Allah" notamment.

Dans la délectation, le public a saisi l’aisance de la chanteuse à la mandole à puiser également, après la déclamation de quelques "Bouqalat ", dans le répertoire chaâbi, "exclusivement réservé aux voix masculines", de l’avis d’un groupe de fans qui voyait en elle, "l’âme des anciennes cantatrices de la musique andalouse et celle des grands Cheikhs du chaâbi réunies".

Dans une prestation de haute facture, le métier et le professionnalisme des instrumentistes qui se succédaient dans des démonstrations en solo lors de l’interprétation d’istikhbars ou la reprise individuelle des mélodies, se faisaient nettement ressentir, à l’instar de Brahimi Mansour à la mandoline électro-acoustique, Areslan Bouras au luth et Mokhtar Choumane au nay (flûte orientale).

Déplorant l’ "indisponibilité de librettos" devant être mis à la disposition du public à l’entrée de la salle pour "présenter le concert et l’artiste" à l’instar des spectacles de musique classique, quelques spectateurs présents ont exprimé leurs "regrets", souhaitant remédier à cet état de fait "réducteur, ont ûils souligné, à la grandeur du patrimoine andalous et chaâbi".

Donnant du bien être à son public dans un élan naturel et positif, très proche de ses musiciens, Nassima Chabane a réussi un spectacle plein, rendu généreusement dans un esprit jovial qui allie le savoir faire au plaisir des sens dont elle seule détient le secret.

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